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À quelques kilomètres au nord de Kavousi, une étroite route asphaltée qui serpente à travers une vaste oliveraie vient mourir sur la plage de Tholos (Θόλος), à quelque 29 kilomètres à l'est d'Agios Nikolaos et à 23 au nord d'Ierapetra. C'est une bande de sable et de galets ouverte sur le large, en pente douce, qui se prête bien à une tranquille journée de baignade ; des tamaris bordent l'accès et donnent un peu d'ombre. Il n'y a ni chaises longues ni parasols, mais on trouve des tavernes, toute la place voulue pour se garer et, à l'extrémité, un petit mouillage pour les barques. Ce qui est ouvert dépend de la saison. Deux criques plus petites sont toutes proches : Legameni, minuscule anse à 800 mètres environ à l'ouest, et Malavra, à deux kilomètres à l'est par une piste de terre, sous des falaises à pic.
Au large, à deux kilomètres à peine du point le plus proche de la terre ferme et à un peu plus de trois de la plage elle-même, s'étend l'île de Psira (Ψείρα). Le nom signifie tout bonnement « pou » et fait allusion à la silhouette de cette échine de roc nu. On suppose que, dans l'Antiquité, l'île était rattachée à la terre par un haut-fond et qu'elle n'en fut complètement séparée qu'avec les modifications du littoral ; ce qui est certain, c'est que le niveau de la mer a monté depuis l'époque minoenne et que des parties de l'ancien rivage sont aujourd'hui sous l'eau. Psira fut le siège d'un grand établissement minoen, sur un terrain occupé depuis la fin du Néolithique, au IVe millénaire av. J.-C. Il en subsiste des vestiges de quartiers d'habitation, d'ateliers, de sanctuaires et de tombes, qui appartiennent pour l'essentiel à l'apogée de la civilisation minoenne, entre 1700 et 1450 av. J.-C. environ.
Psira participait au trafic maritime du golfe de Mirabello. Ses habitants vivaient de l'agriculture, de la pêche et du commerce, et les criques abritées permettaient les contacts avec Kavousi, Mochlos et d'autres lieux de la Crète orientale. L'agglomération s'étendait sur une langue de terre du côté sud-est et couvrait un hectare et demi à deux hectares : une soixantaine de maisons de pierre à deux niveaux, serrées les unes contre les autres le long de ruelles en escalier, une place ouverte, un sanctuaire – mais point de palais. Une large volée de marches montait du port. Sur un rocher aussi sec, les insulaires cultivaient des parcelles en terrasses, qu'ils fumaient avec les déchets domestiques, et bâtissaient des barrages pour retenir les eaux de ruissellement de l'hiver. Les trouvailles – céramique, vases de pierre, obsidienne, outils de bronze, bijoux et traces d'une production artisanale – montrent qu'il ne s'agissait pas d'un campement de fortune sur le rivage, mais d'une communauté ordonnée de marchands prospères, d'artisans, de pêcheurs et de marins dont les relations s'étendaient bien au-delà de la Crète ; un sceau de pierre découvert ici porte, comme il se doit, un navire gravé.
Le site fut découvert par l'Américain Richard Seager, qui y fouilla en 1906 et 1907. De 1984 à 1992, Philip Betancourt, pour l'université Temple, et l'archéologue grec Kostis Davaras poursuivirent les travaux de façon systématique. Parmi les pièces les plus connues figurent une grande jarre décorée de têtes de taureaux et de rameaux d'olivier et un relief de stuc peint représentant deux femmes richement vêtues, aujourd'hui au Musée archéologique d'Héraklion ; on y ajoutera des vases à libations rituels en forme de taureau et de panier marqué de doubles haches, ainsi qu'un autre, piriforme, peint de dauphins. Vers 1450 av. J.-C., la ville fut violemment détruite, comme tant d'autres sur la côte nord, et seul un reste de la population s'attarda parmi les ruines ; des tessons des VIIe-IXe siècles apr. J.-C. attestent une fréquentation plus tardive et modeste à l'époque byzantine. Des épaves antiques reposent dans les eaux qui entourent l'île, parmi lesquelles un navire minoen découvert au début des années 2000 par l'archéologue sous-marine grecque Elpida Hadjidaki – aujourd'hui encore une grande rareté. Fouillé entre 2005 et 2009, il a livré plus de deux cents vases de terre cuite datés de 1800-1700 av. J.-C. environ, principalement des amphores et de grandes jarres à vin ou à huile, ainsi que les marmites, les tasses et les poids de pêche de l'équipage ; d'après la dispersion de la cargaison, on estime que le bâtiment mesurait entre dix et quinze mètres de long. La nécropole de la ville, à l'ouest des maisons, n'a été dégagée qu'en partie ; elle comprend des abris sous roche, des tombes à ciste, des sépultures en jarre et des tombeaux bâtis à l'imitation de maisons, et elle cessa d'être utilisée au cours du Minoen moyen.
Autour de Tholos aussi, on relève des traces de l'occupation ancienne de la côte, notamment des constructions romaines et des restes d'habitat. À cent mètres à l'ouest de la plage se dressent les ruines d'un long entrepôt romain mesurant 56 mètres sur 9,60 : un grenier qui servait de relais sur la route maritime d'Alexandrie à Rome et qui était peut-être encore en usage sous les Vénitiens. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes endommagèrent gravement l'édifice et creusèrent des abris autour de la baie. La côte réunit ainsi plusieurs époques : la plage d'aujourd'hui, les monuments minoens de Psira et les bâtiments commerciaux plus tardifs de la terre ferme.
Tholos offre non seulement une journée au bord de la mer, mais aussi la vue sur l'île archéologique d'en face. Par vent fort, la mer peut être agitée ; en plein été, elle remue alors le fond et donne à l'eau une teinte laiteuse, d'un bleu pâle. Il n'y a presque pas d'ombre naturelle sur ce rivage découvert. On ne peut gagner Psira que par bateau organisé – d'ordinaire depuis Tholos ou Mochlos –, et les règles qui protègent le site doivent être respectées ; l'île n'a ni port ni débarcadère.