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Koutsouras s’étire le long de la route côtière, dans le sud-est de la Crète, à quelque 22 kilomètres à l’est d’Ierapetra, à 55 kilomètres d’Agios Nikolaos et à quelques kilomètres avant Makrygialos, là où les contreforts du Thrypti descendent presque jusqu’à la mer de Libye. La localité est jeune : ce n’est que vers 1950, lorsqu’il n’y eut plus rien à redouter de la mer, que des familles du village de montagne de Stavrochori vinrent s’établir sur cette côte plus fertile. Un peu moins de huit cents personnes y vivent aujourd’hui – 775 au recensement de 2011 –, ce qui en fait le plus gros village du secteur et le siège de l’unité municipale de Makry Gialos, avec un poste de police, une pharmacie et un dispensaire. Il réunit trois mondes dans un espace restreint : les hébergements de vacances et les tavernes au bord de l’eau, les oliveraies sur les pentes, et les serres où les légumes mûrissent toute l’année. Au centre s’élèvent les églises Sainte-Catherine (Agia Ekaterini) et Saint-Antoine (Agios Antonios) ; ce dernier est vénéré par les habitants comme le patron de leur village.
Une légende locale attachée à Koutsouras raconte la délivrance de ses habitants au milieu d’un grand péril : lors d’une razzia, à l’époque ottomane, ils se réfugièrent dans l’église, sur quoi le sanctuaire se fendit et leur offrit une issue vers l’extérieur. Les villageois rangent ce miracle parmi les preuves de la protection de leurs saints. En été ont lieu des concerts et des fêtes populaires, souvent sous les pins du Dasaki, tout contre la plage, à un kilomètre et demi environ à l’ouest du centre ; le 15 août, on célèbre la fête de la Dormition de la Vierge. Le rivage de Koutsouras est aussi un point de départ pour des excursions vers les gorges et les plages du sud-est du Lassithi.
Les plages sont de gros sable sombre ou de galets, avec des tamaris pour l’ombre le long de la principale plage du village, et l’eau y est claire et le plus souvent calme. À l’entrée du village, près du Dasaki et du petit port, s’ouvre la crique de galets d’Apigania ; un peu plus loin vient Kalamokanias, l’une des plus belles plages du secteur. Elle tient son nom des « kalamokanadès », ces échasses noir et blanc aux longues pattes rouges qui, de passage à la fin de l’été, font halte ici près des embouchures des ruisseaux. À un kilomètre à l’est du village, la plage de sable de Koutsourélis descend en pente douce et convient aux enfants. C’est aussi au Dasaki que débouche la gorge des Papillons rouges, qui descend du village de montagne d’Orino – une marche d’environ 6,5 kilomètres, avec ruisseaux, vasques rocheuses et cascades, à faire de préférence au printemps ou à l’automne. Koutsouras fut naguère réputé, également, pour ses cacahuètes, tenues pour l’emblème du pays ; seuls quelques agriculteurs en cultivent encore aujourd’hui. Tavernes et restaurants restent ouverts toute l’année, de sorte que le village fait aussi un bon point de chute hors saison.