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Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

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Phaistos – centre palatial de la Messara minoenne

Le palais de Phaistos (Φαιστός) est l'un des quatre grands centres de la civilisation minoenne – avec Cnossos, Malia et Zakros – et le plus important du sud de la Crète. Il se dresse sur l'éperon le plus oriental d'une crête basse, à une centaine de mètres au-dessus du niveau de la mer et à soixante bons kilomètres au sud-ouest d'Héraklion ; la mer est à moins de six kilomètres, et le site jumeau d'Agia Triada à trois kilomètres environ. De ses cours, toute la plaine de la Messara, la plus vaste et la plus fertile de l'île, se déploie en contrebas : au nord le Psiloritis, souvent coiffé de neige jusqu'au début de l'été ; au sud les monts Astéroussia ; à l'ouest le golfe de Tymbaki, sur la mer de Libye. Au pied de la colline coule le Géropotamos, l'antique Léthaios, qui approvisionnait l'agglomération en eau. Qui régnait ici tenait le grain, l'huile et les routes menant aux ports de la côte sud. La colline était habitée depuis 3600 av. J.-C. environ ; le palais qui finit par la couronner couvrait quelque 8 400 mètres carrés, soit à peu près les deux tiers de Cnossos. Depuis 2025, Phaistos est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des centres palatiaux minoens.

Vers 1900 av. J.-C., alors que villes et écriture étaient encore inconnues sur le continent européen, un palais s'élevait déjà sur cette colline – une merveille de l'art de bâtir minoen, avec ses cours, ses escaliers monumentaux, ses magasins et ses sanctuaires, étagé sur quatre niveaux et construit en blocs de calcaire et d'albâtre, en briques crues et en bois. On se figure des souverains arpentant ses corridors d'un pas mesuré, des prêtresses et des prêtres cherchant, dans des rites sacrés, les signes des dieux. Trois fois en trois siècles environ, le palais fut détruit et rebâti, le Nouveau Palais s'élevant vers 1700 av. J.-C. Phaistos est un lieu où l'archéologie et la mythologie se rejoignent, et où presque chaque pierre porte une histoire aussi vieille que la tradition elle-même. Commençons donc, comme il se doit en Crète, par les mythes.

Rhadamanthe, le juge équitable

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

Rhadamanthe compte parmi les figures les plus imposantes de la mythologie grecque. Il est l'un des trois fils qu'Europe donna à Zeus, frère de Minos et de Sarpédon, et fut élevé par son beau-père Astérion, roi de Crète. La tradition le rattache à Phaistos : tandis que Minos régnait à Cnossos, Rhadamanthe aurait exercé son autorité sur la cité de la Messara, et la commune d'aujourd'hui fait elle-même remonter à lui la dynastie du palais. Il passe pour un législateur et un juge plein de sagesse, au royaume des vivants comme dans l'au-delà – un souverain équitable qui promulgua de nombreuses lois et instaura ainsi l'ordre et le droit parmi les hommes. L'une d'elles laissait impuni celui qui se défendait contre un agresseur ; une autre faisait jurer les Crétois par des animaux. On décrit ses lois comme sévères mais justes ; selon la légende, elles étaient écrites sur les murs des temples, afin que chacun pût les voir et s'y conformer. On songe aussitôt à la proche Gortyne – que le mythe relie à son fils Gortys –, où un grand code de lois civiques, réellement gravé dans la pierre, se lit encore aujourd'hui.

Après sa mort, Rhadamanthe fut élevé au rang de l'un des trois juges des morts aux Enfers, aux côtés de son frère Minos et d'Éaque. Dans cette charge, il rendait sentence sur les âmes des défunts et décidait qui méritait la félicité éternelle à l'Élysée et qui devait expier au Tartare ; dans le Gorgias de Platon, il juge les âmes venues de l'orient et Éaque celles de l'occident, tandis que Minos a voix prépondérante. Homère nomme déjà le « blond Rhadamanthe » dans l'Odyssée, comme habitant des champs Élysées. Phaistos elle-même apparaît dans l'Iliade, dans le Catalogue des vaisseaux, parmi les cités crétoises qui envoyèrent des guerriers à Troie, comme une ville « bien peuplée » ; on faisait dériver son nom d'un héros Phaistos, tenu pour un fils ou un petit-fils d'Héraclès, encore que Diodore de Sicile la comptât, avec Cnossos et Kydonia, parmi les trois cités fondées par Minos.

Talos, le gardien de bronze de la Crète

Talos apparaît dans la mythologie grecque sous les traits d'un géant de bronze, façonné par le dieu forgeron Héphaïstos – dans une version comme présent destiné à Minos, dans une autre comme don de Zeus à Europe ; une troisième tradition fait de lui un descendant de la race de bronze. Il est l'une des plus anciennes images d'un être artificiel et annonce ainsi des idées que la robotique nous a rendues familières : une créature de métal, dotée de quelque chose où l'on peut lire une première ébauche d'intelligence artificielle. La cité de Phaistos se sentait un lien particulier avec le gardien : ses monnaies d'argent de l'époque classique montrent Talos en jeune homme nu et ailé, le bras levé dans le geste de lancer une pierre.

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

Talos était, pour parler le langage d'aujourd'hui, programmé pour protéger l'île de Crète, et il s'acquittait de ses fonctions avec une grande autonomie. Trois fois par jour, il faisait le tour de l'île ; si des hôtes indésirables approchaient, il coulait leurs navires à coups de rochers. Selon une autre tradition, il chauffait son corps au rouge dans le feu et serrait les intrus dans une étreinte mortelle. Sa force vitale – on dirait aujourd'hui sa faculté de se régénérer –, il la devait à l'ichor, le fluide divin qui parcourait son unique veine, de la nuque au talon. Cette veine était obturée par un bouchon ou, dans une autre variante du mythe, par un clou de bronze ; d'autres disaient qu'elle n'était recouverte, à la cheville, que d'une mince pellicule de peau. Vu sous ce jour, Talos fut le premier bio-robot de la littérature. Platon, pour sa part, en avait une vision plus sobre : dans le dialogue Minos, Talos est un homme qui parcourait trois fois l'an les villages de Crète, portant les lois inscrites sur des tablettes de bronze.

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

Le sceau de la veine fut ôté, rapporte le mythe, par Médée, la magicienne qui voyageait avec Jason et les Argonautes en quête de la Toison d'or ; Apollonios de Rhodes raconte la rencontre au quatrième livre de ses Argonautiques, composées au début du IIIe siècle av. J.-C. Elle agit ainsi afin que le navire pût aborder sans péril la côte crétoise et poursuivre son voyage. Talos, dont la tâche était de préserver l'île de tout étranger, ne s'enquit pas des raisons des nouveaux venus et représentait un danger mortel. La manière dont Médée s'y prit se raconte diversement. Dans une version, elle endormit le géant par des incantations – ou évoqua les esprits de la mort, si bien qu'il s'écorcha la cheville –, puis retira le bouchon, de sorte que l'ichor s'écoula ; explication, avouons-le, guère convaincante pour un automate. Dans l'autre, elle lui fit croire qu'ôter le sceau le guérirait de sa vulnérabilité et le rendrait même immortel. Un troisième récit se passe tout à fait d'elle et fait tirer par l'Argonaute Péas une flèche dans la cheville du géant. La scène de sa mort est peinte sur trois cratères conservés, datés des environs de 400 av. J.-C., et de la façon la plus mémorable sur le vase à figures rouges du peintre dit de Talos, au musée Jatta, où le géant mourant s'affaisse dans les bras des Dioscures.

C'est dans la deuxième version que réside le vrai sens de l'histoire. Comme toute intelligence artificielle, Talos ne redoutait qu'une chose : être coupé de sa source d'énergie – un motif que le récit moderne a repris maintes et maintes fois, jusqu'au film « Matrix ». On le persuada que sa crainte de se voir retirer le bouchon était, pour ainsi dire, une erreur de son système, et qu'en vérité aucun danger ne le menaçait. Talos possédait ce degré d'intelligence artificielle auquel aspire aussi la technologie actuelle : il pouvait décider par lui-même. Il retira le sceau, l'ichor s'écoula, et le gardien mourut.

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

À la question qui préoccupe nos contemporains – qu'arrive-t-il lorsque les réseaux de neurones apprennent à décider de façon indépendante, c'est-à-dire à penser de manière imprévisible ? –, le mythe grec apporte ainsi une réponse bien à lui : la technique tombe en panne. L'homme, lui, continue de voguer en quête de la Toison d'or, car il est un être capable de rêver, et le rêve n'est au fond rien d'autre que l'aptitude à la pensée mythique. Libre à chaque lecteur de décider s'il veut suivre cette lecture du vieux mythe.

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

Le Disque en bref

Le disque de Phaistos est l'une des trouvailles les plus énigmatiques de la civilisation minoenne. Cette pièce unique est datée de 1700 à 1600 av. J.-C. environ et relève donc du Minoen moyen. Elle fascine savants et amateurs par sa forme insolite, par la technique de sa fabrication et surtout par son écriture non déchiffrée. Rien d'étonnant à ce que le Disque tienne une place à part dans la mythologie moderne qui entoure la Crète ; son image a été adoptée comme emblème bien au-delà de l'archéologie – la face A sert de logo au FORTH, l'un des plus grands centres de recherche de Grèce. Pourtant il n'a rien d'un mythe : il existe, et on peut le voir à Héraklion – seulement, ce qu'il est et ce qu'il dit, personne ne le sait.

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

Le Disque fut trouvé en 1908, lors des fouilles de l'archéologue italien Luigi Pernier dans l'enceinte du palais de Phaistos. Il est fait d'argile cuite jusqu'à l'état de céramique et porte sur ses deux faces des signes estampés, disposés en une spirale qui tourne dans le sens des aiguilles d'une montre, du bord vers le centre.

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

Son diamètre est de 16 centimètres environ, son épaisseur de 2 centimètres à peu près. La surface porte 241 signes – 242 si l'on compte celui qui fut effacé –, tirés d'un répertoire de 45 signes figuratifs différents : figures humaines, animaux, plantes, outils et formes géométriques. Les spécialistes les désignent par les numéros 01 à 45 qu'Arthur Evans leur attribua, ainsi que par des noms descriptifs ; les plus fréquents sont la tête à panache, qui revient dix-neuf fois, le casque et le bouclier, tandis que neuf signes n'apparaissent qu'une seule fois. Chaque signe fut imprimé dans l'argile molle au moyen de son propre poinçon, procédé sans équivalent pour son temps. Aussi a-t-on qualifié le Disque de plus ancien document imprimé du monde, plus de trois millénaires avant Gutenberg.

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

À ce jour, le Disque n'a pas été déchiffré, bien que les tentatives n'aient pas manqué. Depuis 1911, on l'a lu comme du grec ionien ou homérique, comme du hittite, du louvite, une langue sémitique ; les interprétations vont du texte religieux au calendrier et à la notation musicale, et on l'a même pris pour un plateau de jeu votif. Aucune de ces théories n'a recueilli une large adhésion parmi les savants, et la plupart des spécialistes doutent qu'un texte unique et bref puisse jamais être lu, à moins que d'autres inscriptions dans la même écriture ne viennent au jour.

La découverte et la chronologie des événements

D'après les notes du journal de fouille du directeur, Luigi Pernier, le Disque fut découvert à sept heures du soir, le 3 juillet 1908, par Zacharias Iliakis, le contremaître de confiance de la mission italienne à Phaistos. Ce soir-là, Iliakis surveillait les travaux, tandis que Pernier était rentré à la maison de la mission, à Vori, pour écrire une lettre au directeur de l'École. Il avait à peine achevé et signé la lettre qu'Iliakis arriva avec la trouvaille. Le crépuscule tombait déjà, et Pernier, examinant sous une mauvaise lumière un objet encore en partie encroûté de terre, ne remarqua de signes écrits que sur un seul côté.

Bouleversé par la découverte, il ajouta un post-scriptum à sa lettre : « J'ai le plaisir de pouvoir vous informer que ce soir, dans les nouvelles fouilles au nord-est du plateau de l'acropole de Phaistos, nous avons trouvé un disque d'argile (diamètre 0,16) couvert de signes pictographiques minoens (plus d'une centaine), imprimés au poinçon en cercles concentriques. Nous avons devant nous l'un des monuments les plus importants de l'écriture crétoise primitive. » Le lendemain, Pernier se rendit sur la fouille, se fit montrer par Iliakis l'endroit de la trouvaille et consigna les détails dans le journal : le Disque gisait dans une couche de terre noire mêlée de cendres et d'os de bovins brûlés, dans un compartiment de sous-sol revêtu d'un enduit fin. Ce n'est qu'après le nettoyage qu'il apparut que la seconde face était inscrite elle aussi. Une prompte publication dans la revue Ausonia fit bientôt connaître la trouvaille dans tout le monde savant ; dès 1909, on pouvait déjà en voir des moulages en plâtre dans les musées.

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

Le lieu de découverte du disque de Phaistos. – Luigi Pernier entre Salvatore Aurigemma et Antonio Minto ; à droite se tient le contremaître Zacharias Iliakis. Gortyne, avant 1911 (archives de l'École archéologique italienne).

Des caractères uniques

L'argile est d'une grande pureté et d'un grain fin, semblable à celle dont on faisait la vaisselle « coquille d'œuf », mince comme une feuille, de la céramique de Kamares. Le Disque n'est pas un cercle parfait, mais présente un contour légèrement ovoïde : son diamètre varie entre 158 et 165 millimètres. La surface n'est pas non plus tout à fait plane – la face A est légèrement concave, la face B légèrement convexe –, et l'épaisseur se situe entre 16 et 21 millimètres, car le Disque fut façonné à la main, en écrasant une motte d'argile sur un support plat, et non dans un moule.

Les 242 signes se déroulent dans un bandeau en spirale que l'artisan traça dans l'argile avec un stylet, en guise de ligne directrice, du bord vers le centre, et ils furent imprimés au poinçon dans la matière encore molle. Quarante-cinq signes différents forment 61 groupes de deux à sept signes – 31 sur une face, 30 sur l'autre. Ils sont séparés les uns des autres par de courts traits radiaux incisés et correspondent manifestement à des mots ; sous le dernier signe de certains groupes figure en outre un petit trait oblique, qui marque peut-être des sections du texte. La lecture allait probablement du bord vers le centre, en partant d'une ligne verticale à cinq points. La face A, qui porte 122 signes et un signe effacé, fut sans doute exécutée la première ; la face B compte 119 signes. En plusieurs endroits, le scribe effaça des signes et les imprima de nouveau, autrement dit procéda à de soigneuses corrections, et dans un cas il élargit le cadre d'un mot pour y loger un signe supplémentaire.

Après l'estampage, le Disque fut cuit. On le fit manifestement à dessein, car la cuisson réussit si parfaitement que la surface devint lisse et prit une belle teinte jaunâtre. Les tablettes administratives ordinaires étaient laissées crues et ne nous sont parvenues que là où un incendie fortuit les a durcies. Les auteurs du Disque voulaient de toute évidence le conserver longtemps – il passe pour le seul document écrit de l'Égée préhistorique à avoir été cuit délibérément.

La question de l'authenticité

Le Disque gisait dans la pièce 8 de l'édifice 101, sur le plateau nord-est de la colline, dans un groupe de quatre pièces qui servaient d'entrée au palais du côté nord. Avec lui, à quelques centimètres seulement, furent trouvées une tablette en linéaire A – connue sous le sigle PH 1 – et surtout de la céramique de style de Kamares. Ces trouvailles associées plaident pour une datation du Disque vers 1700/1650 av. J.-C. La date de la couche fouillée par Pernier a été confirmée par des recherches plus récentes de Pietro Militello au même endroit, au cours desquelles un nouveau fragment de tablette en linéaire A a été mis au jour.

Importe aussi, pour la datation, un scellé d'argile portant le signe du « peigne », trouvé en 1955 dans la couche d'empreintes de sceaux et de tablettes en linéaire A, sous le sol de la pièce 25. D'après les conclusions les plus récentes, il s'agit du niveau de destruction de la dernière phase d'utilisation du Premier Palais (Minoen moyen II B). À la même époque, ou à la phase du Minoen moyen III A, appartient un vase portant l'empreinte estampée du même signe du « peigne », provenant de la maison « au sud de la rampe » et recueilli en 1965. D'autres objets à inscriptions disposées en spirale – la bague d'or de la nécropole de Mavro Spilio, près de Cnossos (Minoen moyen III / Minoen récent I), deux coupes coniques de Cnossos (Minoen moyen III) et une coupe de la période néopalatiale provenant de Tsoutsouros – étayent la datation et montrent que le Disque appartient à l'univers artistique de la Crète centrale. À cela s'ajoutent des signes, sur la double hache de bronze de la grotte d'Arkalochori et sur une pierre à offrandes de Malia, qui ressemblent à ceux du Disque, ainsi qu'un vase de Cnossos portant un signe estampé identique à l'un d'entre eux. Tous ces parallèles ne furent connus qu'après 1908 – argument de poids contre le soupçon de falsification.

L'écriture

L'écriture du Disque est contemporaine du hiéroglyphique crétois et du linéaire A, deux écritures qui se développèrent côte à côte à l'époque des Premiers Palais – soit dans des régions différentes de l'île, soit pour des usages différents. Le hiéroglyphique crétois, ainsi nommé en raison de sa ressemblance extérieure avec les hiéroglyphes égyptiens, était en réalité une écriture syllabique : chaque signe valait pour une syllabe, non pour une idée. Il en va de même du linéaire A et, plus tard, du linéaire B. Par conséquent, les signes figuratifs du Disque ne sont pas davantage des idéogrammes, mais des signes syllabiques qui se combinent pour former des mots ; un fonds de 45 signes est d'ailleurs typique d'un syllabaire, et c'est pourquoi la plupart des tentatives de déchiffrement partent de cette hypothèse.

Les 61 groupes de signes, soit 61 mots, se répartissent sur les deux faces, et le texte de chacune est différent ; sur les 45 signes, 26 se rencontrent sur l'une et l'autre. Les différences avec le hiéroglyphique crétois s'expliquent en partie par le fait que les signes du Disque ne furent pas incisés, mais imprimés au poinçon. L'accord n'est pas complet sur le sens de la lecture – Evans lui-même proposa d'abord de lire du centre vers l'extérieur, puis changea d'avis –, mais la plupart des savants admettent qu'il suivait le sens dans lequel la ligne en spirale fut tracée et les poinçons appliqués, c'est-à-dire du bord vers le centre.

Les signes

Les signes du disque figurent pour la plupart des personnages, des animaux, des plantes et des objets. On en dénombre 45 différents, imprimés 242 fois – 123 sur la face A, 119 sur la face B –, et la majorité se laisse aisément reconnaître. Depuis Evans, ils sont numérotés de 01 à 45 et, depuis 2008, ils disposent même de leur propre bloc dans le standard Unicode. Les noms employés ci-dessous suivent la monographie de Louis Godart, « Le Disque de Phaistos : l'énigme d'une écriture de l'Égée » ; les associations qui s'y rattachent sont des suggestions et non des lectures établies. Bien des savants supposent d'ailleurs que cette écriture est un syllabaire, auquel cas l'image vaudrait pour un son et non pour la chose qu'elle représente.

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

Personnages et coiffures

La série s'ouvre sur l'homme en marche, qui pourrait signifier le mouvement ou le voyage ; il apparaît onze fois. Vient ensuite une tête à la chevelure ou à la coiffe remarquable – la « tête à plumes », signe le plus fréquent du disque avec 19 occurrences –, peut-être la marque d'un rang ou d'une fonction dans la communauté. Un visage à la joue tatouée indique peut-être l'appartenance à un groupe particulier. La figure d'un captif aux mains liées derrière le dos représente sans doute l'emprisonnement ou la soumission, l'image d'un enfant, apparemment nu, l'innocence ou le commencement de la vie ; ces deux signes ne sont imprimés qu'une seule fois chacun. La femme au sein découvert et à la longue jupe, que l'on a rapprochée de figurines d'argile trouvées à Malia et à Phaistos même, évoque la fécondité ou la puissance féminine. Un signe qui pourrait représenter un bonnet ou un casque – le deuxième en fréquence, avec 18 empreintes, presque toutes sur la face B – renvoie peut-être au statut ou au métier ; la main enveloppée d'un bandage ou glissée dans un gant de pugiliste, au combat ou à la protection. Un autre signe encore fut lu par Arthur Evans comme une sorte de tiare, emblème du pouvoir ou de la dignité sacerdotale.

Armes et outils

La flèche peut désigner la chasse ou la guerre, tout comme l'arc, qui appartient à l'une et à l'autre et ne figure qu'une fois. Le cercle à sept points est lu comme un bouclier ou comme une tablette de cire, et symboliserait alors la protection ou un message ; il est imprimé 17 fois, et un signe estampé identique est apparu sur un vase de Cnossos. La massue dénote peut-être le pouvoir ou la force. Un signe reste incertain : Evans y voyait des menottes, Pernier un symbole de montagne. Suivent une pioche ou quelque instrument servant à travailler la terre ; un signe dont on a retrouvé à Phaistos le pendant en bronze – outil ou arme ; une scie à bois ; un couvercle ou un bouchon ; une équerre ou un boomerang, là encore outil ou arme, qui revient une douzaine de fois ; enfin une sorte de rabot de charpentier.

Ustensiles, maison et navire

La tonne (Dolium), grand escargot de mer, fait peut-être allusion à l'eau ou à une traversée maritime. Le peigne pourrait être un signe de pureté ou de rituel ; une marque de potier presque identique fut découverte en 1965 sur le fond d'un bol à Phaistos, et un signe voisin sur un scellé du Premier Palais – deux des parallèles qui plaident pour l'authenticité du disque. Un autre signe est interprété comme une fronde ou comme un instrument de musique, et vaudrait alors pour la chasse ou pour l'art. Un meuble de bois, une cage ou une ruche indique peut-être la maison ou le métier. Le navire, représenté sept fois, est l'emblème du voyage et du commerce ; la corne a pu servir d'instrument de signalisation.

Animaux

Une peau de bête rappelle la chasse ou le sacrifice ; avec 15 empreintes, elle compte parmi les quatre signes les plus fréquents, et dans un groupe de la face A elle est imprimée deux fois à l'envers. La corne du taureau – où d'autres voient la patte d'un bœuf – passe pour un signe de force ou de fécondité. La tête de chat peut signifier la grâce ou la protection, la tête de bélier un sacrifice ou un objet de culte. L'oiseau en vol, que l'on appelle d'ordinaire un aigle, est associé à la liberté ou au monde spirituel, la colombe posée à la paix ou à un message. Le poisson, peut-être un thon, désigne la fécondité ou l'abondance, l'abeille le labeur ou la communauté.

Plantes et autres signes

Un rameau feuillu ou un arbre – les catalogues parlent d'un platane – symbolise la vie et la croissance ; un arbuste, ailleurs répertorié comme une vigne, peut-être la nature ou un remède ; le papyrus, l'écriture ou le savoir. Un signe rond est interprété comme une roue hydraulique ou comme une fleur, une rosette, et représenterait la technique ou la beauté. Le lis est tenu pour un signe de pureté ou de mort. L'épine dorsale d'un bœuf renvoie peut-être à la force ou à l'élevage, la flûte à la musique ou à la fête. Restent une râpe, ustensile servant à préparer les aliments ; une passoire, qui a pu servir à une purification ou à un rituel ; une petite hache, outil ou arme ; et pour finir une bande ondulée, image possible de l'eau ou du mouvement. Râpe, passoire et petite hache ne figurent chacune qu'une seule fois – trois des neuf signes du disque qui ne sont jamais répétés.

Les difficultés de l'interprétation

La langue minoenne consignée sur le disque nous est encore inconnue – et c'est là le principal obstacle à l'intelligence de ce qu'il dit. Les tentatives pour percer cette écriture et interpréter l'inscription n'en ont pas moins été innombrables, et beaucoup relèvent de la pure fantaisie : depuis 1911, le texte a été tour à tour déclaré grec ionien ou homérique, égyptien, sémitique et louvite, sans qu'aucune de ces lectures ait convaincu les spécialistes. Pour l'heure, on ne peut avancer que quelques observations. Le texte se déroule en spirale du bord vers le centre, et ses 61 groupes de signes – 31 sur la face A, 30 sur la face B – sont séparés par des traits incisés. Plus de dix de ces 61 groupes commencent par les deux mêmes signes, la tête à la coiffure remarquable et le cercle à sept points ; mieux encore, le « bouclier » suit la « tête à plumes » treize fois sur les dix-sept où il apparaît. D'autres groupes reviennent aussi, tels patte de taureau et homme en marche, oiseau en vol et cornes de taureau, ou encore rame, tête et rosette. À dix-huit reprises, un court trait oblique a été gravé à la main sous le dernier signe d'un groupe, peut-être pour marquer la fin d'un vers ou d'une section, et en une douzaine d'endroits l'artisan a effacé un signe pour en imprimer un autre par-dessus – il travaillait manifestement d'après un texte qui devait être exact.

Ces répétitions ont fait soupçonner à certains un hymne religieux ou un texte magique à refrains. D'autres ont songé à un calendrier astronomique. La brièveté même du texte enferme tout déchiffrement dans d'étroites limites : avec 242 signes, il est trop court pour qu'une hypothèse puisse être vérifiée de façon sûre tant qu'aucun second document dans la même écriture n'aura vu le jour. Le nombre de signes différents, 45, est de l'ordre de ce que l'on attend d'un syllabaire, comme dans le linéaire B, mais puisque neuf d'entre eux ne figurent qu'une fois, le répertoire complet devait être plus vaste que ce que le disque en révèle. Une véritable interprétation ne sera possible que le jour où le hiéroglyphique crétois et le linéaire A auront été compris et déchiffrés.

Néolithique (7000–3000 av. J.-C.)

Le Néolithique vit naître les premiers établissements sur la colline de la future Phaistos ; les plus anciennes traces d'occupation sont généralement situées au IVe millénaire av. J.-C., un peu plus tard qu'à Cnossos. De simples cabanes de branchages et d'argile, certaines déjà sur des fondations de pierre, cédèrent peu à peu la place à des communautés organisées qui vivaient de la culture du sol et de l'élevage. Les fouilleurs ont recueilli des tessons de cette époque sous les cours du palais.

Minoen ancien (3000–2100 av. J.-C.)

Au Minoen ancien apparaissent les premiers grands édifices de pierre, tandis que se développe l'art du métal. Phaistos devient l'un des foyers de la civilisation minoenne, comme l'attestent les trouvailles de céramique et d'objets de luxe. Dans le même temps, les communautés de la Messara aménagent leurs grandes tombes circulaires voûtées, les tholoi, utilisées par des clans entiers durant de nombreuses générations – à Agia Triada toute proche, par exemple, et au sud-ouest de Phaistos même.

Minoen moyen (2100–1600 av. J.-C.)

Le Minoen moyen est l'âge d'or de Phaistos. Vers 1900 av. J.-C., le premier palais, dit Premier Palais, fut bâti sur des terrasses nivelées à flanc de colline ; les savants estiment qu'il n'était pas seulement la résidence du souverain, mais aussi le cœur de la vie religieuse, de l'administration et de l'économie. Plus de six mille scellés d'argile, retrouvés sous le sol de l'une de ses pièces, montrent avec quelle rigueur les biens étaient contrôlés. Endommagé à plusieurs reprises par des séismes et chaque fois réparé – les fouilleurs y distinguent trois phases de construction –, il périt vers 1700 av. J.-C. dans une grande catastrophe accompagnée d'un incendie. Sur ses ruines s'éleva le Second Palais, établi à un niveau plus élevé et d'une étendue un peu moindre. C'est à cette époque aussi que fut façonné le fameux disque, aujourd'hui encore l'une des grandes énigmes de l'archéologie.

Minoen récent (1600–1100 av. J.-C.)

Le Minoen récent voit la destruction de nombreux palais minoens, dont celui de Phaistos – vraisemblablement sous l'effet de séismes et des troubles qui s'ensuivirent. Alors que Phaistos s'était vite relevée après la chute du Premier Palais et avait même étendu son influence, le Second Palais ne fut pas rebâti après sa destruction, vers le milieu du XVe siècle av. J.-C. La ville qui s'étendait à ses pieds continua pourtant de vivre, tandis que l'administration de la région semble être passée pour un temps à Agia Triada. Le nom lui-même survécut au changement de maîtres : les tablettes en linéaire B de Cnossos, rédigées en grec, mentionnent plus de soixante fois un lieu appelé pa-i-to.

Après la fin de la civilisation minoenne

À partir de 1100 av. J.-C. environ, et après l'arrivée des Mycéniens puis des Doriens en Crète, Phaistos demeure habitée. Chacune des cultures qui se succédèrent laissa son empreinte dans l'histoire de la ville : à l'époque géométrique, au VIIIe siècle av. J.-C., l'agglomération s'agrandit de nouveau ; à l'époque archaïque, un temple attribué à Rhéa fut édifié au sud de l'ancien palais ; aux époques classique et hellénistique enfin, Phaistos fut une cité prospère et indépendante qui frappait sa propre monnaie, notamment des statères d'argent, et dont les maisons solidement bâties montaient jusque sur la cour supérieure du palais. Homère la cite dans l'Iliade parmi les cités crétoises qui envoyèrent des hommes à Troie, et la dit bien peuplée. Jamais pourtant le lieu ne retrouva son importance d'autrefois, celle d'un grand centre culturel et économique. Vers le milieu du IIe siècle av. J.-C., Phaistos fut détruite et soumise par sa voisine Gortyne.

Architecture et plan

Comme les autres palais minoens, Phaistos se distingue par un plan complexe : de nombreuses pièces reliées par des couloirs, des escaliers et de petites cours, bâties en calcaire et en gypse taillés, en moellons, en brique crue et en bois. Les chiffres donnés pour sa superficie varient selon l'endroit où l'on trace la limite ; on cite souvent un peu plus de 8 000 mètres carrés pour l'édifice proprement dit – soit environ les deux tiers de Cnossos –, tandis que la municipalité avance quelque 18 000 mètres carrés pour l'ensemble du complexe. Dans un cas comme dans l'autre, Phaistos est le deuxième palais de Crète par la taille, après Cnossos.

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

Bien que Phaistos compte parmi les plus grands monuments de l'âge minoen, elle diffère sur des points essentiels de sa rivale plus célèbre, Cnossos. Aucune reconstruction de grande ampleur n'y eut lieu après les destructions, ce qui rend le plan plus facile à suivre et offre en outre une vue dégagée sur l'architecture minoenne à un moment précis. Les fouilleurs firent eux aussi preuve de retenue : au lieu des reconstitutions colorées en béton qu'Evans avait dressées à Cnossos, on voit à Phaistos la maçonnerie d'origine, simplement consolidée avec soin et abritée par endroits sous des toitures, avec des sentiers de terre battue, des passerelles de pierre et des mains courantes pour guider le visiteur. L'absence de dédales et le faible degré de restauration font de Phaistos un lieu unique pour étudier la civilisation minoenne jusque dans son stade de développement le plus ancien – d'autant que de vastes parties du Premier Palais sont dégagées du côté ouest, là où sa façade et sa terrasse inférieure furent ensevelies sous le remblai sur lequel on éleva le Second Palais.

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

La partie principale du palais se déploie autour de la cour centrale, qui servait aux cérémonies et aux rassemblements publics : un espace dallé long d'une cinquantaine de mètres et large de bien plus de vingt, orienté du nord au sud, dont les grands côtés étaient jadis bordés de portiques aux toits portés par une alternance de colonnes et de piliers. L'angle sud-est a disparu, emporté avec le rebord de la colline. Autour de cette cour se groupaient pièces d'habitation et de service, magasins, ateliers et sanctuaires. Dans l'aile ouest, les magasins, avec leurs pithoi à hauteur d'homme, s'alignent de part et d'autre d'un couloir – l'une des jarres porte une inscription en linéaire A –, et à côté d'eux se trouvent des salles de culte aux murs longés de banquettes, une petite crypte à pilier et des blocs de pierre gravés de la double hache ; dans l'aile est travaillaient les artisans, et là, au milieu d'une petite cour, on distingue les vestiges d'un four de fusion en forme de fer à cheval.

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

Une particularité du palais tient à son étagement sur plusieurs niveaux : les pièces se trouvaient à des hauteurs différentes et communiquaient par des escaliers et des terrasses. Cela permettait non seulement d'exploiter avec habileté la déclivité du terrain, mais produisait aussi un effet imposant. Trois grandes terrasses furent taillées dans la crête pour le Premier Palais, et lorsque l'on construisit le Second, le niveau de la cour ouest fut rehaussé de plusieurs mètres, si bien que les deux époques se superposent aujourd'hui comme les marches d'un escalier.

Le visiteur en fait l'expérience dès l'entrée. De la cour supérieure, où une rangée de dix-sept cavités rondes marque l'emplacement des colonnes de bois d'un portique disparu, on descend dans la cour ouest dallée, que traverse en biais une voie processionnelle légèrement surélevée. Le long de son côté nord courent huit larges gradins, longs de 22 mètres – l'aire théâtrale, d'où l'on assistait aux processions et aux fêtes, l'un des plus anciens aménagements de ce genre ; à côté s'ouvrent des fosses circulaires parementées de pierre, au nombre de quatre, que l'on interprète comme des greniers ou comme des dépôts destinés aux restes des offrandes. De là, le grand escalier monumental, avec ses douze marches basses larges de près de quatorze mètres, monte au propylée, l'entrée d'apparat du Second Palais ; les marches sont très légèrement bombées afin que l'eau de pluie s'en écoule. Au nord, à l'écart de l'animation de la cour et tournés vers la fraîcheur du Psiloritis, s'étendaient les appartements des souverains, dits « mégaron de la Reine » et « mégaron du Roi », avec leurs sols d'albâtre, leurs puits de lumière, une petite cour à péristyle de quatre colonnes par côté et un bassin lustral qui passe pour le mieux conservé de Crète. Plus loin encore vers le nord-est se dressent les bâtiments où fut découvert le disque.

Décor et ornementation

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

Les murs du palais étaient ornés de peintures représentant des scènes de culte, des motifs empruntés à la nature, des animaux et des personnages. Beaucoup, hélas, ne subsistent qu'à l'état de fragments – bien moins nombreux qu'à Cnossos, car à Phaistos dominaient les motifs ornementaux et les enduits colorés, et les scènes figurées de type cnossien sont presque absentes du Second Palais ; s'y ajoutaient des plinthes murales et des sols de gypse et d'albâtre et, dans le Premier Palais, des banquettes et des niches enduites. Ces restes suffisent pourtant à révéler la haute maîtrise artistique des Minoens.

Outre les fresques, le palais a livré des objets de la vie quotidienne ; de la céramique – dont les plus somptueux vases du style de Kamarès, cette vaisselle polychrome qui doit son nom à la grotte du Psiloritis où elle fut d'abord trouvée, et dont certaines pièces ont des parois aussi fines qu'une coquille d'œuf, à l'imitation des coupes de métal ; des bijoux ; du mobilier cultuel portant le signe de la double hache ; et des tablettes d'argile en linéaire A, vingt-six environ, ainsi que des milliers d'empreintes de sceaux sur des nodules d'argile. Deux beaux vases à libations, des rhytons, proviennent du mégaron de la Reine. Tout cela témoigne d'une administration très développée. Ces trouvailles sont exposées au Musée archéologique d'Héraklion.

Adduction et évacuation des eaux

Phaistos : le palais minoen et le disque de Phaistos

Le palais de Phaistos possédait un système perfectionné d'alimentation en eau, fait de conduites et de canaux. La colline étant elle-même dépourvue de source, l'eau de pluie des toits et des cours dallées était recueillie dans des citernes ; des caniveaux de pierre et des tuyaux de terre cuite la menaient plus loin, et sous les sols couraient des canaux qui rejetaient hors du palais les eaux pluviales et usées. Les marches mêmes du grand escalier furent posées avec une légère pente pour évacuer la pluie, et le passage dallé entre les cours possède sa propre rigole. Un complément d'eau venait des puits creusés au pied de la colline et de la rivière voisine, le Géropotamos, qui traverse la Messara pour gagner la mer de Libye. Les habitants disposaient ainsi d'une eau saine et, pour l'époque, d'un niveau d'hygiène remarquablement élevé.